Twitter

Twitter est ce nouveau service web qui déclenche pas mal de troll, voir de mépris depuis quelques temps sur le web.

En effet l’idée de raconter ce qu’on fait à chaque instant paraît ridicule, exemple “Je fais popo” intéressera sans doute pas grand monde, hormis votre médecin si vous êtes suivi :)

Bref, si on s’arrête là sans creuser plus loin ça paraît sans intérêt. Pourtant il suffit de chercher pas bien longtemps pour découvrir qu’une idée génial sort presque tous les jours autour de Twitter.

Tout d’abord sur le contenu. Le dernier en date vu sur le blog de Twitter explique comment les pompiers de Los Angeles l’utilise pour informer sur les interventions en cours. Qui oserait dire que c’est une information inutile ?. En tout cas elle l’est moins que “je fais popo”.

Twitter subit le même mépris que les blogs à leur début : “Mais c’est nul de raconter sa vie à tout le monde ! Ca va intéresser qui ?!” La réponse est connue depuis longtemps car les blogs sont entrés dans les moeurs : Cela va intéresser ceux qui s’intéresse à ta personne et/ou à ton contenu. CQFD.

Et bien Twitter c’est la même chose, sauf que là s’agissant d’un micro-contenu, la forme et l’objectif sont complètement différent. Pour une personne il s’agit de transmettre une humeur, ou une information mais pas suffisamment importante pour en faire un billet dans un blog. Autre cas, transmettre une info par SMS en n’ayant que son GSM sous la main.

Pour un service comme les pompiers un blog n’est que de peu d’appui pour le travail quotidien. Twitter permet de transmettre une information importante et concise à un nombre quelconque de personnes : les personnes concernées. Ici tous les services travaillant avec eux, ou simplement les usagers désirant être informé rapidement en temps réel.

Car la force de Twitter est d’utiliser un service de transmission qui semblait réservé à une génération analphabète de “KIKOO LOL” : le SMS.

On peut donc recevoir en temps réel sur son téléphone portable les interventions en cours des pompiers de LA. Et ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres :

  • Une association désirant informer en temps réel ses membres sur l’humeur du stand à Solution Linux par exemple.
  • Une entreprise désirant informer ses clients des dernières promotions, exemple Dell
  • Une ONG souhaitant communiquer chaque évènement sur le terrain, exemple oceandoctor.
  • Une radio web indiquant le titre en cours, exemple (l’excellente) Groove salad de soma fm. D’ailleurs intégrer l’API twitter à Rhythmbox ,par exemple, serait très pratique car permettrait d’activer les notifications IM de cette radio que si on l’écoute.
  • etc, etc.

Twitter peut évidement servir aux VIP souhaitant informer leurs fans au quotidien, exemple avec Dida et Vitaa sur Noumba, le petit clone français (source).
D’aucun diront qu’ils ne s’intéressent pas à ces stars, mais rien empêche RMS ou Linus de poster à propos d’un hack en cours intéressant :) D’ailleurs Miguel De Icaza utilise Twitter.

Ensuite les services annexes. Un certain nombre d’entreprise (ou futur) ont vu le potentiel de Twitter et proposent des services permettant de l’étendre. Comme retweet qui propose :

  • twittercal qui fait le lien entre Twitter et Google calendar. Après inscription un simple SMS à twittercal permet de mettre à jour son agenda. Énorme.
  • Fonf qui sur un simple SMS indique le point Wifi FON le plus proche.
  • Timer un réveil programmable.
  • etc, etc.

Autre exemple étonnant avec le bot multimap qui permet d’indiquer par SMS les lieux intéressant à l’endroit où l’on se trouve, ou bien comment aller d’un point A à un point B.

L’envoi et la réception des messages ne se limite pas aux SMS bien sûr, mais web (bof) et messagerie instantanée. Inutile donc de consulter sa page. Twitter ne gérant pas l’envoi et la réception depuis les mails et MSN, cela a été étendu depuis des services extérieur twittermail et twittermsn.
Quand vous fournissez une API vous pouvez toujours compter sur quelqu’un pour ajouter ce à quoi vous n’avez pas pensé ou n’avez pas eu le temps d’implémenter :)

En résumé le succès de Twitter vient de son API et de l’usage (gratuit!) des SMS. Le reste vient de l’imagination des usagers qui est sans limite ; plus que celle de certains blogueurs en tout cas ;)

de l’avenir du desktop web

Plusieurs fois à travers quelques billets j’ai donné ma vision du futur web et du desktop. En effet contrairement au buzz web2 je ne crois pas en un avenir full web, mais je tenais à étayer cette théorie. Voici donc deux autres visions qui ajoutent de l’eau au moulin.

Tout d’abord cet article sur techcrunch, 10 conseils pour bien utiliser Twitter, qui présente le dernier gros site web2 tendance, twitter. Le paragraphe qui nous intéresse dans cet article est le suivant (droit de citation) :

“Adoptez une application de gestion externe : surtout n’utilisez pas twitter via leur site web. Il n’est pas du tout conçu pour une utilisation régulière (comme Typepad ou Blogger d’ailleurs). Préférez une extension pour faciliter la publication et les alertes de mises à jour. Twitter dispose d’une API qui permet de créer de très nombreuses applications. Il y en a pour tous les goûts. Des barres latérales avec mises à jour périodiques automatiques pour FireFox (le meilleur est TwitBin), le client Gtalk qui est simple et surtout accessible depuis votre pda ou blackberry ou encore une application de bureau comme Twitteriffic, Twiteroo. Dernière option le module Twitter de Netvibes qui fonctionne très bien également (et qui permet d’ajouter plusieurs comptes). Personnellement j’utilise Tweetr conçu sous Apollo et qui est parfait (enfin presque mais ce n’est pas le sujet)”

Ceci se confirme quand on remarque le nombre de post effectués sur Twitter avec twitterrific, une application desktop pour Mac OS X. Côté Linux il existe le très bon Gtwitter qui s’intègre parfaitement dans GNOME.

La deuxième vision est pas la moindre sont celles de Steve Jobs et Bill Gates discutant comme deux vieux amis, Steve Jobs et Bill Gates ensemble pour raconter leurs souvenirs :

“L’avenir appartiendrait aux clients riches en fonctionnalités

Les deux compères sont enfin tombés d’accord sur le futur des ordinateurs. Bill Gates a longtemps combattu l’idée qu’un terminal puisse suffire, préconisant plutôt un poste client puissant (« client lourd », disent les adeptes du client léger). Le futur, selon lui, est à un poste « riches en fonctionnalités locales », mais sachant aussi utiliser la richesse de fonctions disponibles ailleurs. Steve Jobs a abondé dans son sens, prenant l’exemple du futur iPhone (attendu fin juin), qui permettra d’utiliser les services de Google Maps. « L’expérience utilisateur est incroyable, bien meilleure que sur un ordinateur. Et cette application cliente est le résultat de beaucoup de technologie sur le poste client. Vous ne pouvez pas faire tout ça dans un navigateur. » Pour lui comme pour Bill Gates, l’avenir n’appartient pas à un type d’appareil en particulier : les utilisateurs auront un ordinateur et plusieurs outils « post-PC » plus spécialisés.”

Bien sur ces deux n’ont pas vraiment intérêt à voir disparaître les clients lourds, mais ils confirment que le client lourd autonome va disparaître au profit de clients exploitant des données stockées sur Internet et accessibles via des API ou simplement via le protocole HTTP (REST).
En somme Internet ne sera plus qu’un disque dur infini et les sites web des outils à utiliser en mode failover : lorsque l’on est pas sur son PC, ou bien pour découvrir un service.

Les Linuxiens n’ont pas été les derniers à préférer ce type de client, le vieux wmcoincoin qui permet le chat sur la tribune web de linuxfr et l’intégration de jamendo et magnatune dans Rhythmbox en sont les exemples parfaits. Google aussi a d’ailleurs bien compris cela puisqu’il existe un SoC pour intégrer un accès en écriture au Google calendar depuis Evolution: Evolution Data Server Backend for google calendar.

En même temps il est amusant de noter leur résistance via le récent Gears. Ce plugin permet ni plus ni moins d’effacer la principale critique des applications web, l’utilisation en mode non connecté. Aucun intérêt pour la consultation de simple site d’information 1, mais cela prend tout son sens pour les applications web tel que Google docs et Google calendar par exemple.
1Grossière erreur puisque cela permet bien évidement de lire des articles en mode offline, à tester avec Google reader (Google Gears : vous pouvez vous deconnecter).

De plus à cette vision client lourd + données sur le Web contre client web + gears des outils comme des widget s’intégrant sur le bureau et embarquant un moteur web viennent ajouter au flou.

Pour finir il est étonnant de constater que des logiciels utilisant javawebstart ne se sont pas développés, un exemple avec le jeu CGoban 3 permet de suite de comprendre l’intérêt :

  • installation en 1 clic
  • mise à jour automatique à chaque lancement, le client étant sur Internet, JWS télécharge à chaque fois la dernière version
  • multiplateforme
  • client lourd donc beaucoup plus agréable à développer et à utiliser

A mon avis avec la libération complète de Java et la possibilité d’utiliser un toolkit graphique tel que GTK+, ce type de logiciel peut bien rapidement se développer, surtout si le principe est adapté à d’autres langages, au hasard Ruby :)

Bref, difficile de dire ce que sera le futur du desktop web, et il sera sans doute un mélange de tout cela, car il n’existe pas de réponse unique et c’est tant mieux. Mais quoi qu’il en soit il serait une grosse erreur de la part des éditeurs web d’oublier le desktop et …. inversement :)